Nos enfants et les écrans par Valerie Halfon
Éducation

Nos enfants et les écrans

En se promenant dans les rues de presque n’importe quelle ville au monde, on a vite fait de mesurer l’ampleur du phénomène : tout le monde a les yeux rivés sur son smartphone.
L’hyperconnexion entraine souvent des problèmes de santé physique ou mentale ou de distanciation sociale, surtout chez les jeunes. Dans cet article, nous verrons qu’il est possible de les aider à prendre de la distance avec les écrans.
Les jeunes deviennent accros à leur smartphone principalement à cause des applis addictives (réseaux sociaux, jeux vidéo, plateformes de vidéos) qu’il contient. Tout est fait pour qu’on y revienne encore et encore et qu’on y reste le plus longtemps possible, puisque plus on y passe du temps, plus ces entreprises gagnent de l’argent : elles collectent nos données et les monétisent auprès de compagnies nous proposant de la publicité ciblée. C’est le principe de l’économie de l’attention.
Pour nous rendre accros, les concepteurs de ces applis utilisent de nombreux outils d’ordre technologique et psychologique.

Quels sont ces outils ? C’est ce que je me suis proposé d’enseigner aux jeunes.
Ainsi, j’interviens auprès d’élèves de lycée avec mon projet « Experts en économie de l’attention ».
A la fin du projet, certains réduisent leur temps d’écran de moitié, d’autres recommencent à lire...
Le principe est simple : les élèves peuvent choisir plusieurs thèmes parmi ceux proposés et doivent rendre un travail visuel qui abordera aussi la manière dont nous sommes manipulés par les concepteurs d’applis addictives.

Quelques exemples.
Les membres du groupe ayant choisi le thème de la concentration ont compris que la raison pour laquelle ils se précipitaient constamment sur leur smartphone était due à la FOMO (Fear Of Missing Out) ou peur de rater quelque chose.

Une élève m’a dit : on est toujours à l’affut du dernier « drama. Une autre a compris que cela portait préjudice à ses études puisque ces interruptions l’empêchaient de se concentrer. Elle a ainsi décidé d’elle-même de rendre difficile l’accès aux applis addictives : elles se trouvent maintenant bien loin de la page d’accueil de son téléphone. Un des élèves a compris le rôle essentiel de la dopamine (parfois qualifiée d’hormone du plaisir) dans la dépendance au smartphone ce qui l’a poussé à ne plus utiliser son téléphone pendant certains moments de la journée. Ceux ayant choisi le sujet du sommeil ont changé leurs habitudes drastiquement lorsqu’ils ont compris que la raison principale qui les maintenait sur les applis jusqu’au petites heures de la nuit était le scroll infini.

Ces élèves ont décidé de mettre leur téléphone en mode avion ou même dans un placard à partir de 22h. Plusieurs mois plus tard, tous avaient gardé leurs bonnes habitudes et s’en trouvaient très heureux.

On a souvent l’impression que les jeunes sont ravis de vivre dans un certain esclavage numérique. Je crois qu’il n’en n’est rien. La mère d’un élève a qui l’on a annoncé le début du projet dans son lycée dans les semaines qui viennent attend avec impatience le début de l’aventure. Il a hâte de devenir un expert en économie de l’attention et de trouver ainsi le courage et la motivation pour reprendre enfin son temps, son attention et donc sa vie en main.

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Valerie Halfon

Valerie Halfon conseillère en Budget

Et l'auteur de "slow shopping thérapie, Consommez moins vous irez mieux "

Paru aux éditions Albin Michel.

Email: valerie.halfon@yahoo.com

(Numéro de téléphone sur demande par mail: bureauessentielle@gmail.com)

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